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Comment créons-nous notre futur à partir de notre mémoire?

Comment créons-nous notre futur ?

Sommes-nous maîtres de notre avenir ? Nul ne pourra sans doute jamais l’affirmer. Peut-on néanmoins considérer le futur comme étant soumis à la fatalité ?

Avant de tenter une réponse, il nous serait peut-être intéressant de comprendre comment nous nous projetons dans l’avenir. Essayons en effet de savoir si nous influençons d’une manière ou d’une autre ce qui arrive.

Partons d’un principe qui inclue le temps linéaire. C’est-à-dire un temps que l’on peut inscrire sur une ligne horizontale, ou un segment. Une extrémité représente le passé, l’autre l’avenir et au milieu, le temps présent.

Au fait, saviez-vous qu’il n’existe aucune équation mathématique pour définir le présent ? Normale, à peine le vivons-nous qu’il appartient déjà au passé. Revenons donc à notre schéma du temps pour mieux comprendre ensuite le processus de la mémoire chez l’homme qui se projette dans l’avenir.

Voici la représentation graphique du temps :

Le temps

Imaginons que l’homme se tient constamment au milieu, à l’endroit du présent. Cet individu souhaite se projeter dans l’avenir. Comment doit-il s’y prendre ?

Il va dans un premier temps chercher à se souvenir de son passé, le seul élément qui, bien qu’il n’existe plus, reste présent sous la forme de la mémoire. Une fois qu’il a pu se remémorer toutes les scènes de l’existence qui le rendent heureux ou s’il se souvient d’un rêve d’enfance, il va pouvoir s’en servir comme support pour se projeter dans l’avenir. En se rendant présent au passé, il peut se rendre présent au futur.

Qu’adviendrait-il si une personne ne vivait qu’au temps présent, sans jamais recourir à la mémoire du passé ? Pourrait-elle se projeter dans l’avenir ?

Deux éléments de réponses sont possibles :

  1. Vous cherchez à reproduire constamment ce que vous avez vécu. Ce passé qui n’existe plus, mais qui ravive en vous des souvenirs de plaisirs et de joies vous pousse à recréer encore et encore ces moments. Mieux, vous mettez tout en œuvre pour améliorer chaque fois l’événement. Dans ce cas, vous êtes créatif et votre vie se déroule confortablement, avec des valeurs sûres.
  2. Vous n’êtes pas attaché au passé, bien que vous en soyez parfaitement satisfait. Vous préférez rester disponible aux événements présents. Vous aimez être surpris et vous n’êtes pas inquiet devant l’inconnu. Vous êtes donc totalement présent, sans jamais chercher à reproduire quelque chose du passé. Toutefois, quand un événement se produit et qu’il vous entraine sur des sentiers nouveaux, il vous faut retourner dans le passé pour vous rappeler comment vous réagissiez devant des circonstances similaires.

À présent, que se passerait-il si vous ne pouviez pas vous nourrir de vos expériences passées ?

C’est exactement la question que ce sont poser le Dr Van Der Linden et Arnaud d’Argembeau. Ils souhaitaient vérifier si une personne amnésique ou schizophrène ne pouvait pas se projeter dans le futur à cause de leur difficulté à accéder aux souvenirs.

C’est le Docteur Liliane Manning de l’université Duke aux États-Unis qui la première à proposé une expérience en laboratoire auprès de personnes volontaires.

Ces personnes devaient se remémorer un souvenir dans le passé, environ une semaine antérieure à la date du jour de l’expérience et ensuite se projeter dans un avenir proche. Ces personnes étaient évidemment examinées par l’imagerie cérébrale durant l’exercice, de façon à s’assurer que les parties du cerveau concernées étaient les mêmes pour les deux propositions.

L’IRM a rapporté que l’hippocampe et le cortex préfrontal antéro médian étaient les deux régions cérébrales activées.

On put donc en conclure que le cerveau puisait dans la mémoire du passé pour se faire une représentation du futur.

Revenons quelques instants sur notre schéma de tout à l’heure et considérons à présent qu’un individu atteint de schizophrénie ou un amnésique essaye de se projeter dans l’avenir. Pourquoi semble-t-il ne pas y arriver ?

Pourtant, tous les deux se trouvent dans la même situation que notre exemple numéro 2, à la différence que ces deux-là ne peuvent pas avoir accès au passé. Ils sont contraints à vivre dans le présent, non par la volonté, mais par une cause physiologique.

Ils ne peuvent donc pas recourir au passé pour trouver des similitudes avec ce qui leur arrive sur le moment. Ils sont comme enfermés dans ce présent.

On peut se demander pourquoi notre cerveau éprouve le besoin de faire face au futur avec l’expérience du passé, d’autant qu’il nous est bien arrivé au moins une fois de ne pas avoir eu de souvenir.

C’est exact, mais dans la majeure partie des événements nouveaux qui se sont présentés par le passé sans que nous ayons eu le moyen de nous servir de notre mémoire, nous étions sous la protection de nos parents ou de nos éducateurs. C’était leur vocation de nous protéger et de nous avertir du danger. Ce qui nous amène à nous interroger sur la fonction principale du cerveau.

Recherches qui ont permis de trouver cet article:

  • comment se projeter dans lavenir
  • comment notre cerveau restitue les souvenirs
  • comment se projeter dans l\avenir

Le passé, le présent et l’avenir

Comment le cerveau peut-il être un outil de stockage de la mémoire, s’il est incapable de restituer un souvenir avec une exactitude irréprochable ?

Chaque fois qu’on tente de se souvenir d’un événement, la mémoire nous joue des tours au moment de le restituer.

Supposons que vous demandiez à un couple de décrire la façon dont ils se sont rencontrés la première fois. Aucun des deux ne dira tout à fait la même chose. Pourtant, ils ont vécu tous les deux le même événement, tous les deux se sont aimés en un regard et tous les deux se sont fait la promesse de s’aimer pour la vie quelques mois après.

Que se passe-t-il dans le cerveau de ces individus pour que la perception qu’ils ont de cet événement soit si différente pour l’un et pour l’autre ?

Les émotions et le ressenti font appel à la perception personnelle de chacun et la manière d’interpréter la situation va en modifier la réalité. Mais ce qui surprend le plus, c’est que si nous faisions intervenir un témoin de la scène, il se pourrait tout à fait qu’il n’ait absolument rien vu de ce que ces deux amoureux racontent.

Le regard extérieur, sans l’intervention des sentiments n’a fait apparaître que la rencontre de deux personnes, l’échange d’un ou plusieurs regards, quelques paroles affectueuses et un après-midi chaleureux entre amis.

À présent, interrogeons le même couple quelques années plus tard, alors qu’ils sont en plein divorce. Demandez-leur à nouveau de vous raconter les circonstances de leur rencontre. Vous serez très surpris de la tournure de l’événement.

Le plus incroyable, c’est que les deux personnes interrogées ne mentent pas. Aucune d’elles ne cherche à tromper l’autre. Elles sont réellement fidèles à leur mémoire. Cela serait évidemment différent si nous avions affaire à une personne qui chercherait à mentir. Elle déformerait la réalité volontairement dans le but de satisfaire un désir caché.

Dans notre cas, la situation que je viens d’évoquer ne se présente pas. Nous avons à faire à deux individus parfaitement honnêtes et convaincus de ce qu’ils rapportent concernant leur souvenir.

Est-ce dû au fait que le souvenir n’est pas stocké comme une trace indélébile, mais en constante transformation ?

Le temps aurait-il une incidence sur les souvenirs ?

Faites vous-même l’expérience. Si vous vivez avec quelqu’un, demandez-lui de se rappeler les circonstances, en détail, de votre rencontre.

Vous verrez que vous ne serez peut-être pas tout à fait d’accord avec ce que votre partenaire vous aura confié.

En fait, personne ne peut restituer avec exactitude un souvenir sans le transformer par son imaginaire. Ce phénomène n’est pas rare. Il est même expliqué par Freud.

En effet, il arrive parfois qu’une personne qui a vécu un traumatisme important l’oublie entièrement. Elle va même jusqu’à inventer une autre réalité, comme pour faire tampon à l’épisode fatidique. Ainsi, le traumatisme est enfoui dans l’inconscient, voilé par un faux souvenir.

Toutefois, même sans souffrir d’un traumatisme, nous aimons couvrir nos souvenirs de fioritures. On passe alors volontiers pour un héros, une personne digne de confiance, porteuse d’un savoir hors du commun. Quand nous restons humbles, on n’enlève pas pour autant la charge émotionnelle qui nous valorise un tant soit peu.

Est-ce dû à notre ego, une sorte de narcissisme aigu incontrôlé ?

Une étude menée par le professeur en psychologie Martial Van Der Linden de l’université de Genève en compagnie de son collègue Arnaud d’Argembeau explique la raison pour laquelle notre cerveau aime à nous restituer nos souvenirs avec des détails croustillants qui n’existaient pas forcément dans la réalité.

Pour expliquer ce phénomène, le Docteur Van Der Linden explique que la mémoire autobiographique (mémoire épisodique) joue un rôle fondamental dans la construction de notre identité.

Qu’est-ce donc que la mémoire épisodique ?

Elle correspond à la mémoire des événements épisodiques de notre vécu. Si vous êtes allé au cinéma voir une comédie dramatique il y a deux jours avec un ami, vous allez vous en souvenir, car cet événement restera inscrit quelque temps dans votre cerveau.

Ce sont tous ces épisodes de votre vie qui constituent la mémoire autobiographique. Bien sûr, cette dernière ne conserve pas la totalité des événements et moins encore leur détail, mais uniquement ceux qui ont un lien avec vos valeurs et les buts que vous souhaitez atteindre.

En fait, les souvenirs conservés dans notre mémoire ne sont jamais le reflet exact de la réalité, ils sont même le plus souvent déformés.

Comme nous venons de le comprendre, la mémoire épisodique stocke quelque temps seulement l’événement qui s’est produit dans notre cerveau.

Si cet événement nous valorise, il entre dans la mémoire autobiographique et y séjourne définitivement, mais d’une manière particulière. Il n’y est pas représentatif de la réalité, mais de la perception que nous avons de nous-mêmes. C’est pourquoi il nous est difficile de restituer nos souvenirs avec exactitude.

Améliorez votre mémoire !

Les problèmes de mémoire doivent être identifiés avant d’être traités. Il va sans dire qu’une personne au-delà de 40 ans qui présente des troubles de la mémoire doit impérativement consulter un neurologue pour s’assurer qu’elle ne souffre pas de problèmes bien plus graves.

On ne traite pas non plus de la même manière les problèmes de mémoires chez un enfant que chez un adulte. Encore une fois, la cause est déterminante dans la façon d’envisager son traitement.

Chez un enfant, les troubles de la mémoire sont souvent liés au manque de sommeil et à une mauvaise alimentation. Quand l’enfant est contrarié par des événements familiaux, un divorce par exemple, il peut se trouver en difficulté scolaire et manifester de très grands troubles de la mémoire.

Le rôle d’un thérapeute consistera donc en premier lieu à identifier la cause de ce trouble et seulement après de proposer une solution pour améliorer la mémoire.

Récapitulons :

Si votre enfant présente des troubles de mémoire, vérifiez qu’il dort suffisamment, qu’il ne manque pas de vitamine, qu’il ne souffre pas de carence alimentaire.

Ensuite, assurez-vous qu’il ne soit pas contrarié par des problèmes familiaux ou des problèmes au sein de l’école. En effet, il arrive parfois qu’un enfant souffre des conflits entre camarades et se sente incapable de gérer ce genre de situation.

La mémoire est un processus neuronal qu’on parvient à peine à expliquer biologiquement. On parle de trois phases qui agissent dans ce processus : la mémoire sensorielle, la mémoire courte et la mémoire longue.

La mémoire sensorielle permet de retenir un grand nombre d’informations sous forme visuelle. La mémoire courte contient des informations qui proviennent d’éléments stockés sous forme verbale. Enfin, la mémoire longue est basée sur une perception intuitive des choses.

Sans trop rentrer dans des explications scientifiques, la mémoire est absolument nécessaire pour nous permettre d’acquérir des automatismes et nous permettre d’exprimer ce que nous avons vécu.

Ce qui peut faire barrage à notre aptitude à mémoriser peut être d’ordre psychologique, provoqué par des événements extérieurs perturbateurs ou à un problème de santé.

Lorsque l’identification du trouble a été faite, il ne nous reste plus qu’à retravailler la mémoire en utilisant les cinq sens.

Un exercice efficace consiste à se concentrer. En bloquant toutes les nuisances sonores de l’extérieur ; en nous réfugiant dans un espace confiné et silencieux puis en nous protégeant des pensées parasites, nous réussissons à développer notre capacité de mémorisation. La concentration peut s’obtenir par la méditation ou la relaxation. Le mental est ainsi réduit au silence et l’imagination vient au secours de la mémoire pour l’aider à retenir une chose puis une autre.

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